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Nicole Wilcox's Story

Je m’appelle Nicole Wilcox, de Cambridge Bay, et je suis une infirmière autorisée de l’Université Dalhousie, à Halifax. 


Les soins infirmiers sont devenus ma passion peu après ma première formation en milieu clinique.


En grandissant au Nunavut, j’ai appris l’entraide par l’observation et de mes parents qui m’ont inculqué ce principe. S’il était possible d’aider, il fallait le faire. 
À ma quatrième et dernière année d’études, je souhaitais toujours faire carrière en tant qu’infirmière. À l’approche de la fin de l’année, mes camarades de classe et moi parlions avec enthousiasme de notre choix de stage final, de nos souhaits et de nos espoirs. On a accepté que je fasse mon stage final dans ma ville natale de Cambridge Bay, au Nunavut! J’étais enthousiasmée, nerveuse et je me posais un million de questions. La collectivité m’accepterait-elle en tant que professionnelle de la santé? Serais-je capable de soigner les gens avec qui j’ai grandi? 


Ma préceptrice Erin et moi étions à Cambridge Bay depuis peu lorsque nous avons été envoyées à Gjoa Haven pour aider à combler le manque de personnel pendant une endémie de virus respiratoire syncytial (VRS). Nous avons travaillé souvent tard le soir et fait de longues journées, mais je suis tombée sous le charme de l’aide que j’apportais aux gens quand ils en avaient besoin. C’était un retour à la source! Depuis mes origines, quand mes parents me répétaient que nous devions aider les gens de toutes les manières possibles, jusqu’aux soins que j’ai prodigués à ceux qui en avaient besoin, qu’il s’agisse de bébés malades, de vaccinations contre des maladies, de dépistages de routine, d’analyses de sang, de frottis vaginaux, etc. C’est ici que je me sentais à ma place. 


En tant que nouvelle diplômée en soins infirmiers du Nunavut, j’ai eu la possibilité de travailler avec une préceptrice pendant près d’un an. Erin et moi avons travaillé ensemble dans trois collectivités Kitikmeot différentes et j’ai appris tellement de choses en si peu de temps. Je pourrais certainement passer des heures, même des jours à parler de mes expériences.


Toutefois, les cours de soins infirmiers ne m’ont jamais préparée à être infirmière dans les localités de la région arctique. On m’avait prévenu qu’il fallait acquérir de l’expérience avant de rentrer à Cambridge Bay, mais j’avais bon espoir que mon retour se passerait bien. Je n’étais pas préparée aux décès inattendus ni prévisibles, de personnes que j’avais connues toute ma vie. Je n’étais pas préparée à passer des journées entières au centre de santé à travailler et à remplir des dossiers, à veiller à ce que les analyses sanguines soient commandées, à préparer les demandes de consultation et les réquisitions des médecins, à être de garde, à recevoir des appels alors que je n’étais pas de garde et à réaliser que tous les intervenants sont nécessaires en cas d’urgence. 


J’ai aussi eu de nombreuses expériences positives, comme le fait de pouvoir comprendre un peu ce qui se disait en inuktitut sans traducteur. Être accueillie dans d’autres communautés par « Oh, vous êtes l’infirmière inuk! » J’ai pu aider les gens à mieux connaitre leurs maladies chroniques et j’ai pu comprendre les gens d’une manière que les non-Inuits n’auraient pu le faire. Ma préceptrice croyait parfois que les patients avaient fini de parler ou que je ne comprenais pas leurs propos en inuktitut, alors qu’en réalité, je savais qu’ils faisaient simplement une pause avant de poursuivre leur conversation. Il est si important de connaitre l’histoire complète du patient et de lui laisser le temps de s’exprimer. Je pouvais voir quand ils n’étaient pas prêts pour la question suivante.


Avant même la fin de ces neuf mois, j’ai réalisé que je n’étais pas prête à travailler comme infirmière en santé communautaire (ISC). Je ne possédais pas l’expérience requise, comme on m’avait prévenue. J’ai décidé de ne pas conserver mon poste temporaire en tant que ISC et de retourner à Halifax pour prendre de l’expérience. J’ai eu un entretien d’embauche chez les Infirmières de l’Ordre de Victoria (VON) et, ne sachant pas vraiment dans quoi je m’engageais, j’ai accepté l’offre d’emploi. J’étais encore en train de terminer mon orientation lorsque j’ai réalisé que c’était exactement ce que je recherchais. C’était un emploi où je pouvais me permettre de passer un peu plus de temps à aider les gens, à écouter ce qu’ils avaient à dire sans avoir à courir jusqu’à la prochaine sonnerie d’appel ou à travailler 12 heures d’affilée en emportant avec moi l’odeur de l’hôpital à la fin de la journée.


Je travaillais pour le VON depuis quatre ans et demi quand j’ai vu l’annonce d’un poste d’infirmière de la santé publique (ISP) à Cambridge Bay, au Nunavut. Je me suis dit que ce serait un excellent moyen pour moi de revenir chez moi en tant qu’infirmière. J’ai postulé, passé un entretien d’embauche et accepté le poste. Je suis retournée dans ma région natale avec mon conjoint et mes deux chiens en plein milieu d’une pandémie mondiale. J’ai adoré chaque minute passée en tant que ISP dans ma localité d’origine, à aider les gens comme j’étais destinée à le faire.